Publications

Ouvrages

Chauvel Séverine, Clément Pierre, Flacher David, Harari-Kermadec Hugo, Issehnane Sabina, Moulin Léonard, Palheta Ugo. 2015. Arrêtons les frais ! Pour un enseignement supérieur gratuit et émancipateur, Paris, Raisons d’agir, 156 p.

Alors que dans les pays anglo-saxons, les frais d’inscription à l’université ne cessent d’augmenter au point de représenter l’une des principales sources d’endettement des étudiants et de leurs familles, ils constituent l’espoir secret d’universités françaises exsangues. Ce livre montre que s’engager ainsi dans la voie de la financiarisation de l’enseignement supérieur ne permet ni d’augmenter les ressources des universités ni de rendre leur financement plus juste. Cela conduit au contraire à une explosion du coût des études, à une subordination des choix d’orientation à la logique marchande et à un accroissement considérable des inégalités entre étudiants, filières et établissements. Refusant la fatalité, ce livre montre qu’un autre modèle de financement des universités est possible. Plus juste et plus efficace, il garantirait également l’autonomie réelle du monde universitaire, conçue non pas comme un privilège indu mais comme la condition de sa capacité à défendre la connaissance et la citoyenneté, sans lesquelles innovation et progrès social ne peuvent exister.

Articles dans des revues à comité de lecture

Flacher David, Harari-Kermadec Hugo, Moulin Léonard. (accepté). « Régime par répartition dans l’enseignement supérieur : fondements théoriques et estimations empiriques », Économie et institutions.

Après avoir rappelé qu’un régime par « capitalisation » ne garantissait ni l’équité, ni l’efficience, ni même le financement de l’enseignement supérieur, nous définissons ce que pourrait être un régime d’éducation par « répartition » et discutons de ses atouts et limites, pour construire une approche théorique du concept. Une éducation par répartition conjugue la gratuité de l’accès, une allocation universelle d’autonomie et un accroissement des dépenses publiques destinées à l’université. Nous montrons qu’un tel régime peut se révéler équitable et efficace pour financer le système éducatif et discutons des conditions permettant à un tel système d’être efficient. Nous chiffrons le coût du régime par répartition (en année pleine : 5 milliards d’euros pour accroître les besoins de financement des universités et 21,6 milliards d’euros pour l’allocation d’autonomie), proposons des modalités de financement et analysons l’effet de ce régime sur les revenus de foyers types. Nous concluons en présentant les limites et perspectives de recherche.

Frouillou Leïla, Léonard Moulin. (accepté).  « Différenciations sociales des trajectoires étudiantes entre universités d’Île-de-France – les cas du Droit et de l’AES », Formation emploi.

En croisant un suivi quantitatif (analyse de séquences) et qualitatif (entretiens répétés) d’étudiants en Droit et en AES en région francilienne, cet article montre que les trajectoires universitaires se différencient au regard de la discipline et en fonction de l’établissement d’inscription. Notre typologie souligne la prépondérance des trajectoires stables (même université) dans les deux disciplines. Les trajectoires de sortie du système universitaire se différencient quant à elles selon la discipline et le lieu d’études (Paris – banlieue). Enfin, les trajectoires minoritaires interuniversitaires mettent en évidence un « sens du placement » contribuant à attirer les étudiants les mieux dotés dans les universités les plus favorisées.

Issehnane Sabina, Gilles Fabrice, Léonard Moulin, Oumeddour Leila. 2018.  « Les trajectoires des demandeurs d’emploi passés par l’activité réduite : une analyse croisée quantitative et qualitative », Socio-économie du travail, vol. 3 n° 1, p. 31-68.

Cet article analyse les parcours des demandeurs d’emploi en activité réduite en mobilisant à la fois les outils de l ’analyse statistique et une enquête de terrain. L’étude construit une typologie des trajectoires à partir d’un panel issu des données du FH-D3 et des DPAE. 8% des demandeurs d’emploi s’inscrivent dans des trajectoires marquées par une sortie durable du chômage vers un emploi à durée indéterminée, tandis que 25% ont des trajectoires marquées par une activité réduite durable.

 

 

Éva Lelièvre, Sophie Le Coeur, Léonard Moulin, Nicolas Robette. 2017.  « Happiness, health and well-being in a life course perspective: quantitative data collection and analysis of sequences of subjective indicators », The Senshu social well-being review, vol. 4, p. 53-64.

Subjective information has recently made a remarkable breakthrough into quantitative data collection and analysis in demography. Seen as a complement to hard statistics, the new perspective it opens seems promising. In the study of life-event histories, pioneering sociologists have developed the qualitative analysis of turning-points based on qualitative life-course narratives; we here present quantitative surveys which recorded factual individual life-event histories together with perceptions of subjective well-being, self-rated health indicators and financial situation over the life course. The interest of this approach is to explore variations in the subjective indicators along individual life courses rather than their absolute level at any point in time; and to confront facts and perceptions in order to better grasp the interpretation of social, familial, health transitions that take place along the life course. We here present how demographers collect such data and how they validate the subjective information against factual data. Some examples of the analysis of individual histories of subjective well-being are then presented and discussed.

Moulin Léonard, Flacher David, Harari-Kermadec Hugo. 2016. « Tuition fees and social segregation: lessons from a natural experiment at the University of Paris 9-Dauphine », Applied economics, vol. 48 n° 40, p. 3861-3876.

Using a natural experiment, a sharp rise in tuition fees in some of the programmes at the University of Paris 9-Dauphine, we study the impact of tuition fees on students’ pathways, and outcomes. We apply an optimal matching method to the national database of students’ registrations (SISE) to define a typology of pathways. We then use a nonordered multinomial logit model to evaluate the impact of the rise in tuition fees on the types of pathways selected by the university. We show that there is a significant impact on these pathways. The increase in tuition fees reduces geographic and social mobility, thereby accentuating the phenomena of social segregation. Furthermore, contrary to what some of the studies assert, the rise does not appear to encourage greater effort: we find no impact on the graduation success rate.

Harari-Kermadec Hugo, Moulin Léonard. 2015. « De la mise en concurrence à la mise en marché de l’enseignement supérieur », Formation emploi, vol. 132, p. 91-103.

L’enseignement supérieur est l’objet d’une succession de réformes et de transformations dans un cadre néolibéral, à partir des années 1980, qui ont renforcé les liens et les similarités avec le monde économique. Comment donner un sens commun à un ensemble de transformations récentes et en cours, sans tomber dans la réification d’une université imaginaire ? Nous proposons de les envisager comme participant d’une « mise en marché », une évolution de l’enseignement supérieur vers le fonctionnement du monde économique. Pour ce faire, nous nous appuierons sur deux transformations, intimement liées : l’évolution et le renforcement de la concurrence entre établissements, d’une part, et la hausse des frais d’inscription, d’autre part.

Moulin Léonard. 2015. « Frais d’inscription dans l’enseignement supérieur et régimes d’Etat-providence: une analyse comparative », Education et sociétés, vol. 36 n° 2, p. 119-141.

Les expériences nationales de mise en place de frais d’inscription apparaissent très variées dans la littérature et par leurs effets sur les étudiants. Leurs résultats contrastés sont à interpréter et à mettre en perspective dans leurs environnements institutionnels respectifs. L’auteur définit la notion d’institution pour analyser le système d’enseignement supérieur et dresser une typologie des différents régimes institutionnels. Le concept de régimes d’État-providence d’Esping-Andersen (1990, 1999) est utilisé pour comprendre les approches nationales de financement et les comparer. Leur analyse met en évidence une relation forte entre ces politiques et les régimes d’État-providence. Si celui de type conservateur ne semble pas viable à long terme, les régimes social-démocrate et libéral renvoient à deux logiques distinctes de l’éducation : investissement collectif contre investissement individuel.

Lecouteux Guilhem, Moulin Léonard. 2015. « To gain or not to lose ? Tuition fees for loos averse students », Economics bulletin, vol. 35 n° 2, p. 1005-1019.

We model the educational choice of students whose objectives in terms of salary are conditioned by their social origins. We assume that students from a poor background have a lower reference point than students with wealthier origins. We then study the efficiency of a policy of tuition fees as a mechanism to select students on the basis of their academic abilities. We show that, even in the absence of borrowing constraints, the optimal policy consists in lowering tuition fees for poorer students: since prospective students from a disadvantaged background perceives the possibility of joining the university as a gain, they have a tendency to act too cautiously compared to students with higher aspirations, who are ready to take risky choices in order to avoid what they perceive as a failure, i.e. not joining the university.

Flacher David, Harari-Kermadec Hugo, Moulin Léonard. 2012. « Faut-il (vraiment) augmenter les frais d’inscription à l’université ? », Revue française d’économie, vol. 27 n° 3, p. 145-183.

Cet article propose une analyse des arguments couramment avancés en faveur des frais d’inscription : i) l’iniquité du système français ; ii) l’efficience des frais comme outil pour sélectionner, orienter et inciter à l’effort ; iii) le financement de l’université. Nous défendons la thèse selon laquelle ces frais peuvent conduire de potentiels étudiants à renoncer à leurs études, à modifier l’orientation qui aurait été la leur en l’absence de frais ou encore à modifier leur comportement sur le marché du travail sous le poids de la dette. Nous montrons que les frais ne garantissent ni l’équité, ni un fonctionnement efficient du système d’enseignement supérieur, ni un accroissement des ressources des établissements.

Articles dans d’autres revues scientifiques

Berr Éric, Moulin Léonard. 2017. « La mercantilización de la universidad francesa », Diálogos sobre educación, vol. 8 n° 14, p. 1-6.

En la indiferencia casi generalizada, la universidad muere a fuego lento. Haciendo suya una antífona formulada por la OCDE y el Banco Mundial, la unión europea se lanzó desde el inicio de los años 2000 en la promoción de una “economía del conocimiento” en la cual la universidad está obligada a volverse una empresa “competitiva” al servicio del crecimiento económico. Este movimiento se ha acelerado en Francia desde la adopción de la mal llamada Loi Relative aux Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) votada sigilosamente en el veraro de 2007, no obstante una oposición masiva de la comunidad universitaria. En todo caso, reconozcamos que, sea cual sea el país considerado, una misma lógica está en acción desde hace varias décadas y consiste en la introducción de mecanismos de mercado en la universidad. La difusión de la ideología neoliberal en un espacio que hasta entonces estaba al abrigo de su influencia conduce a transformaciones profundas que impactan fuertemente la investigación, la formación e, in fine, el funcionamiento de la universidad en su conjunto.

Moulin Léonard. 2015. « Quels sont les effets de l’introduction de frais d’inscription dans les universités ? Une approche théorique et empirique », Regards croisés sur l’économie, vol. 16, p. 145-161.

Cet article propose une réflexion sur l’opportunité d’introduire des frais d’inscription dans les universités françaises. Pour ce faire, nous commençons par présenter les motivations théoriques liées à l’introduction de frais d’inscription. Nous nous intéressons ensuite aux effets empiriques de ces frais, en partant de la mise en perspective de différents contextes institutionnels avant de s’intéresser aux effets de l’introduction de frais d’inscription dans une université française. Nous concluons que l’introduction de frais d’inscription à l’Université Paris 9 Dauphine a eu des effets potentiellement ségrégatifs et inégalitaires sur les parcours scolaires des étudiants et que, contrairement aux prédictions théoriques, l’introduction de frais d’inscription dans cette université n’a pas eu d’effet sur la réussite des étudiants.

Chauvel Séverine, Moulin Léonard. 2014. « Instauration des frais d’inscription dans l’enseignement supérieur : limites et alternative », Cahiers français, n° 384, p. 67-71.

La question des frais d’inscription dans les établissements d’enseignement supérieur français (EESF) revient régulièrement dans le débat public. Faut-il les augmenter pour rendre le système français plus équitable, plus efficient et accroître les ressources des universités ? Séverine Chauvel et Léonard Moulin ne le croient pas et se prononcent pour l’instauration d’un régime d’éducation « par répartition », fondé sur la gratuité des études, un financement public des universités et une allocation universelle d’autonomie attribuée à tous les étudiants, le seul à être équitable et efficace à leurs yeux. Face aux besoins de financement accrus des établissements supérieurs et à l’iniquité du régime actuel, Laurent Batsch plaide quant à lui pour la hausse et la modulation des frais d’inscription, seules à même de garantir le financement des établissements, la qualité des enseignements et l’équité.

Moulin Léonard. 2014. « Une hausse des frais d’inscription en France est-elle inéluctable ou même simplement souhaitable ? », Savoir/agir, vol. 29, p. 43-50.

Une hausse massive des frais d’inscription dans les universités françaises semble désormais inéluctable. L’opportunité de mettre en place des frais d’inscription significatifs à l’université a fait l’objet de discussions récentes au sein des ministères, de groupes de réflexion et de certaines universités. L’autonomie des universités a renforcé la logique concurrentielle entre établissements d’enseignement supérieur en même temps que certains d’entre eux, disposant de statuts dérogatoires, ont commencé à mettre en place des politiques tarifaires de leurs formations. L’introduction de quasi-prix pour les formations s’inscrit dans la transformation des modèles éducatifs. Un certain nombre d’économistes vantent les mérites de ces dernières et formulent des propositions concrètes pour leur généralisation, en particulier au niveau européen. Cette transformation participe, plus généralement, d’une tendance lourde au niveau mondial, comme en attestent les réformes (et leurs contestations) au Royaume-Uni, au Québec, au Chili, en Espagne et dans de nombreux autres pays. Alors que les travaux théoriques publiés en économie semblent converger vers l’opportunité de relever les frais d’inscription en France, cet article apporte des éléments pour un débat contradictoire.

Chapitres d’ouvrages

Flacher David, Harari-Kermadec Hugo, Moulin Léonard. 2015. "D’une éducation par "capitalisation" à une éducation par "répartition" in Abecassis Philippe, Coutinet Nathalie (eds.), Économie sociale : crises et renouveaux, Presses Universitaires de Louvain, vol. 5, p. 343-350.

Après avoir rappelé qu’un régime par capitalisation ne garantissait ni équité, ni efficience, ni même le financement de l’enseignement supérieur, nous définissons ce que pourrait être un régime d’éducation par répartition et discutons de ses atouts et limites, pour construire une approche théorique du concept. Une éducation par répartition conjugue la gratuité de l’accès, une allocation universelle d’autonomie et un accroissement des dépenses publiques destiné à l’université (jusqu’à un niveau jugé raisonnable pour que celle-ci puisse mener à bien ses missions). Nous montrons qu’un tel régime peut se révéler équitable et efficace pour financer le système éducatif et discutons des conditions permettant à un tel système d’être efficient. Nous montrons également qu’il permet de limiter les mécanismes de polarisation au sein de l’enseignement supérieur. Nous chiffrons alors le coût du régime par répartition (en année pleine : 5 milliards d’euros pour accroître les besoins de financement des universités et 19 milliards d’euros pour l’allocation d’autonomie) et proposons des modalités de financement.

Chauvel Séverine, Clément Pierre, Flacher David, Harari-Kermadec Hugo, Issehnane Sabina, Moulin Léonard, Palheta Ugo. 2014. « Frais d’inscription et parcours des étudiants dans l’enseignement supérieur » in Boudesseul Gérard et al. (eds.), Réussite scolaire, réussite professionnelle, l’apport des données longitudinales, Relief - Céreq, n° 48, p. 139-151.

L’objectif que nous poursuivons dans cette contribution est d’étudier les déterminants des choix d’orientation au fil du parcours universitaire et d’analyser si les trajectoires des étudiants de Dauphine diffèrent de celles des étudiants d’autres établissements universitaires. Pour ce faire, nous allons étudier les caractéristiques et parcours des étudiants de licence 3 dans trois universités : l’université Paris 9 Dauphine, l’université Paris 13 Villetaneuse et l’université Lille 1.

Flacher David, Harari-Kermadec Hugo, Moulin Léonard. 2011. « Contributory education scheme: theoretical basis and application » in Caparrós Ruiz Antonio (ed.), Investigaciones de economia de la educacion, vol. 6, p. 495-502.

After a short criticism of the “self-funded education scheme” which is widely implemented in the world and often based on tuition fees, this article develops theoretical basis for a “contributory education scheme”. This model is characterised 1) by a universal access for students to grants allowing them to take charge of themselves during their higher education curriculum; and 2) by a funding regime relying in particular on the population that has benefited from grants, once studies are finished. The article first points out the limits of the self-funded education scheme. Then, it discusses the analogies and differences with pension systems implemented in countries like France. We derive theoretical motivations in favour of a contributory education scheme: The equity of access to higher education, the incentives for students and university to be efficient, as well as the contributory equity are discussed. The article proposes finally to assess, for France, the cost and the options concerning the transformation of the tax system that would be needed for funding such a reform. Beyond the individual income, variables like the degree obtained by the student are taken into account in our assessment. The conclusion draws research perspectives concerning the theoretical dimensions and the transition such a reform concretely implies.

Articles dans des revues de débat

Berr Éric, Moulin Léonard. 2017. « La mise en marché de l’Université », Sciences critiques , en ligne.

Nous ne sommes pas condamnés à une marchandisation croissante de l’enseignement supérieur et de la recherche. Refuser de brader l’avenir de notre jeunesse et du pays tout entier suppose d’augmenter significativement les dépenses publiques dans ces domaines. S’il n’existe pas de modèle idéal, il serait utile de mener une réflexion en ce sens si l’on souhaite favoriser un enseignement supérieur qui promeut l’équité et l’égalité des chances et cesse d’être un vecteur de reproduction sociale.

Moulin Léonard. 2015. « Doit-on faire les frais des droits d’inscription ? », La vie des idées, en ligne.

Faut-il considérer l’éducation comme un bien privé financé par les contributions individuelles, ou au contraire comme un bien public financé par la collectivité ? Alors qu’émerge un grand marché de l’éducation, en partie mondialisé, qui conduit de nombreux pays à faire participer les étudiants au coût de leur scolarité, Léonard Moulin s’intéresse aux différents schémas de financement des études à l’étranger.

Flacher David, Harari-Kermadec Hugo, Moulin Léonard. 2012. « Frais de scolarité dans l’enseignement supérieur. Arguments et résistance international », Contretemps, en ligne.

Les étudiant·e·s québécois·es sont en grève contre la hausse des frais d’inscription de 1600 dollars canadien sur 5 ans. Une histoire militante déjà riche est en train de s’écrire : déjà plus de 100 jours de grève, 30 manifestations nocturnes, des milliers d’heures d’assemblée générale. D’autres pays connaissent ou ont connu des luttes similaires récemment : en Espagne et au Mexique cette année, en Angleterre et au Chili en 2011, à New York et en Californie en 2010. En France, l’augmentation des frais se discute au ministère de l’économie depuis plusieurs années et a été étudié par l’INSEE dans une enquête commanditée par la conférence des présidents d’université (CPU). Au-delà de l’aspect directement économique, la  hausse des frais de scolarité participe d’une politique néolibérale de transformation de l’enseignement supérieur. Tour d’horizon de cette politique, en 3 arguments fallacieux et procédés insidieux.

Harari-Kermadec Hugo, Moulin Léonard. 2010. « Économie formelle. Misère des théories orthodoxes », Contretemps, en ligne.

Nous proposons ici une lecture critique de l’article de Pierre Cahuc et Stéphane Carcillo, « Que peut-on attendre de l’interdiction de licencier pour améliorer la compétitivité des entreprises ? », paru dans la Revue économique en 2007.

Recensions d’ouvrages

Moulin Léonard. 2016. « Léonard Moulin, Frais d’inscription dans l’enseignement supérieur : enjeux, limites et perspectives », Revue française de socio-économie, vol. 16 n° 1, p. 282-283.

Moulin Léonard. 2014. « Richard Münch. Academic Capitalism: Universities in the Global Struggle for Excellence », Laboratorium : Russian Review of Social Research, vol. 6 n° 3, p. 154-156.

Moulin Léonard. 2014. « Léonard Moulin, Frais d’inscription dans l’enseignement supérieur : enjeux, limites et perspectives », Revue de la régulation, vol. 16, en ligne.

Thèses, mémoires d’habilitation

Moulin Léonard. 2014. Frais d’inscription dans l’enseignement supérieur : enjeux, limites et perspectives, thèse de doctorat, Université Paris 13, Paris, 362 p.

Cette thèse étudie les effets des frais d’inscription sur les étudiants dans l’enseignement supérieur.

 Dans la première partie, nous menons une analyse théorique des motivations aux frais d’inscription. Le chapitre 1 dresse une revue critique et pluridisciplinaire de la littérature et dégage trois motivations à leur introduction ou à leur relèvement (l’effet redistributif, l’effet incitatif et l’effet contributif) dont nous contestons la validité. Le chapitre 2 s’interroge sur les conditions théoriques rendant l’instauration de frais d’inscription désirable, alors même qu’existent des classes sociales aux comportements distincts. Nous montrons, en utilisant les développements récents de l’économie comportementale, que la mise en oeuvre de frais progressifs, si elle peut constituer une solution équitable d’un point de vue purement théorique, soulève d’autres problèmes.

 La deuxième partie de cette thèse s’intéresse aux expériences nationales de mise en place de frais d’inscription. Le chapitre 3 souligne le caractère contrasté des résultats présentés dans la littérature avant de dresser une typologie des contextes institutionnels. Deux régimes nous apparaissent ainsi cohérents même si leurs fondements sont radicalement différents (le régime « libéral » et le régime « social-démocrate »), tandis que le régime « conservateur » français nous apparait difficilement soutenable. Les trois chapitres suivants proposent la première étude sur les effets de l’introduction de frais d’inscription dans le contexte universitaire français. Nous commençons par regarder deux aspects de l’efficience liés à l’introduction de frais d’inscription : (i) un effet de sélection et (ii) un effet incitatif à l’effort. Dans le chapitre 4, nous montrons ainsi que l’introduction de frais d’inscription à Dauphine renforce les effets ségrégatifs et inégalitaires. Dans le chapitre 5, nous prolongeons cette approche en montrant, contrairement aux résultats développés dans la littérature théorique, que les frais d’inscription n’accroissent pas le niveau de réussite et donc les incitations à l’effort des étudiants à Dauphine. Enfin, dans le chapitre 6, nous discutons de la possible généralisation des résultats précédents en commençant par analyser la nature particulière du public de l’Université Paris 9 Dauphine au sein du paysage universitaire français.

Les limites théoriques à l’instauration de frais d’inscription (partie I), confirmées empiriquement (partie II), nous conduisent, dans la dernière partie de cette thèse, à revenir sur la typologie construite dans le chapitre 3 en discutant de la manière dont le régime institutionnel « social-démocrate » pourrait contribuer à répondre aux objectifs d’équité, d’efficience et de besoins de financement des universités dans le cas français. Nous introduisons pour cela les fondements de ce que nous appelons une éducation par « répartition » et définissons les conditions de son équité, de son efficience et de sa capacité à financer l’enseignement supérieur.

Rapports aux financeurs ou aux ministères de tutelle

Gilles Fabrice, Issehnane Sabina, Moulin Léonard, Oumeddour Leila, Sari Florent. 2016. Le recours à l’activité réduite : déterminants et trajectoires des demandeurs d’emploi, Rapport de recherche, Cnam-CEET, vol. 99, 99 p.

Abecassis Denis, Batifoulier Philippe, Da Silva Nicolas, Duchesne Victor, Moulin Léonard. 2016. L’utilité sociale de la dépense publique, Études de l’agence d’objectifs de l’Ires, 334 p.

Issehnane Sabina, Gilles Fabrice, Moulin Léonard, Oumeddour Leila, Sari Florent. 2016. « Le recours à l’activité réduite : déterminants et trajectoires des demandeurs d’emploi », Pratiques et impact des activités réduites, Collection études et recherches, Pôle emploi, n° 8, p. 5-95.

Autres publications

Cayouette-Remblière Joanie, Jedlicki Fanny, Moulin Léonard. 2018 (à paraître). « Comment se fabriquent des offres scolaires inégales ? », Document de travail de l’Ined, 116 p.

Berr Éric, Moulin Léonard. 2018. « "En marche" vers la destruction de l’université », Note des économistes atterrés, 20 p.